16 févr. 2010

Émirats arabes unis : les dangers de l'industrialisation

Dans un article intitulé L’abondance : le revers de la médaille, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) aborde le portrait changeant de la population des Émirats arabes unis. Il y a plus de 50 ans, la population était surtout constituée d’agriculteurs du désert, de nomades, de commerçants de perles et de poissons. Leur alimentation était alors plutôt équilibrée et composée principalement de poissons, riz, pain, dattes, yogourt, légumes et de viandes.

Au cours des années 1960, le début de l’exploitation pétrolière a déclenché une croissance importante de la population, une hausse du niveau de vie et l’urbanisation. Ces changements ont entrainé des modifications significatives au mode de vie comme l’augmentation de la sédentarité ainsi que la hausse de la consommation d’aliments riches en matières grasses, en sucre et en sodium (sel). Comme dans les pays industrialisés, ces changements au mode de vie ont entrainé des effets néfastes sur la santé des Émiriens : surpoids, obésité, diabète, maladies cardiovasculaire, etc. Voici quelques statistiques qui illustrent bien le phénomène :

  • En 2000, plus de 50% de la population des Émirats était en surpoids ou obèse ;
  • En 2008, près du quart des enfants de 8 à 12 ans était en surpoids ;
  • En 2000, 13,5% de la population était diabétique, soit le deuxième plus haut taux à travers le monde et pourrait augmenter jusqu’à 19,3% d’ici 2030.

Les Émiriens ont maintenant à leur disposition un chauffeur, un employé pour les travaux domestiques, mangent régulièrement au restaurant et regardent au moins 3 heures de télévision par jour. Ils sont donc victimes de leur prospérité : ils bougent moins et leur alimentation s'est détériorée. Le ministre de la Santé des Émirats arabes unis et d’autres instances gouvernementales comptent réagir à cette situation inquiétante en constituant un Comité national de nutrition, chargé d’établir une stratégie nationale afin de réduire l’obésité, le diabète et les autres maladies chroniques associées aux habitudes de vie. Un défi de taille dans une population où certaines personnes continues d’associer la minceur à la maladie, le surpoids à la santé et où la culture de l’exercice n’existe pratiquement pas ! 

Source : Organisation mondiale de la santé, février 2010

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